Le samedi 9 novembre 2019, Espace Léonard de Vinci à Mandelieu-la-Napoule à 15h

Y a-t-il une différence entre le monde qui nous entoure et la perception que nous avons de lui ? Au 18e siècle Immanuel Kant répond par l’affirmative, ajoutant que l’homme ne connaîtra jamais l’objet réel, quel que soit le progrès technologique. Nous savons aujourd’hui par la mise à l’épreuve expérimentale qu’il avait raison : la perception crée des objets qui n’existent pas, ou plutôt, qui existent seulement dans notre imagination. Comment étudier ces objets qui n’ont pas de matérialité ? Certes ils sont d’une manière ou d’une autre le produit de l’activité cérébrale, mais leurs propriétés sont indépendantes du cerveau. La conférence explique les deux théories principales du système cognitif (mind), la modularité et le connexionnisme. L’intelligence artificielle à la une aujourd’hui repose sur cette dernière, mais est-ce que pour autant les machines exécutant les algorithmes dits d’intelligence artificielle se rapprochent du fonctionnement du cerveau ou de l’esprit ?

Tobias Scheer est directeur de recherche au CNRS en linguistique et directeur de la Maison des Sciences de l’Homme Sud-Est. Sa spécialité étant la phonologie (étude de la représentation mentale des sons), il s’intéresse aux sciences cognitives qui définissent le théâtre dans lequel les différentes fonctions cognitives, dont le langage, se déroulent. Une question centrale dans la recherche sur le cerveau (brain) et l’esprit (mind) est l’interaction entre les deux : comment passe-t-on d’un objet matériel (brain) à un objet immatériel (mind), et vice-versa ? En quoi les propriétés de l’un peuvent-ils éclairer l’autre ?